Dans ma vie quotidienne, je suis quelqu’un d’autonome à tendance indépendante. J’aime être original dans ma manière d’être et je fuis les effets de mode. Le côté excentrique ou décalé ne me pose pas de problème quand mon choix part d’un endroit en moi qui est au clair pour quoi il le fait.
Durant mon adolescence, j’étais le genre de personne à l’écart des groupes : je préférais rester seul ou en petit comité plutôt que de faire comme tout le monde pour appartenir à un groupe. Je privilégiait un faible nombre de relation de confiance.
Quelque part en moi réside une part de malice qui prend plaisir à ne pas faire comme tout le monde pour montrer au monde qu’on peut faire autrement. Je me sentais capable de rester fidèle à mes valeurs mais surtout mes envies.
Quand je suis rentré dans le monde professionnel, j’ai réalisé que se sentir fort n’était pas suffisant. L’injonction à la collaboration et à l’exécution des choses qui doivent être faites “pour des raisons business” ont rapidement mis à mal ce qui me semblait être un rempart au conformisme. L’autorité managériale avait l’ascendant sur moi.
Tout à coup, je n’étais plus complètement maître de mes choix, je m’insérais dans une chaîne de commande où je n’étais qu’un simple maillon.
Et être “le maillon faible”, dans un groupe, ce n’est pas confortable. Même pour une forte tête comme moi. Alors, j’ai finalement fait comme tout le monde : j’ai fait ce qu’on m’a dit.
Grâce à ça j’ai acheté ma tranquillité, mon inclusion, mon abondance financière et une perspective professionnelle garantie.
Lorsque j’ai finalement décidé de sauter le pas de l’entreprenariat, j’ai mesuré la violence que je m’étais infligée : nier mes envies pour faire ce qu’on veut que je fasse. J’ai pris conscience du pouvoir que j’avais donné aux autres sur ma vie professionnelle.
Petit à petit, j’ai recommencé à refaire des choix : mes formations, mon salaire, le tarif de mes prestations, ce que je veux faire ou ne pas faire, ce que je veux déléguer, avec qui je veux travailler, mes modalités de paiement (échange, don, argent),...
J’ai alors commencé à me demander ce qui fait que dans ma vie pro j’accepte avec facilité ce genre de violence que je n’accepte pas aussi facilement dans ma vie perso.